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    Le faible attrait pour les disciplines scientifiques et technologiques a un impact sur la maîtrise avancée d’outils informatiques, causant une pénurie de profils techniques et freinant la compétitivité de nos PME. La pénurie de personnel suffisamment formé aux technologies numériques et le manque de compétences informatiques des entrepreneurs font d’ailleurs partie des principaux obstacles identifiés dans le processus de digitalisation des PME. Le développement et la maîtrise de compétences en TIC se révèlent pourtant indispensables pour permettre aux indépendants et PME d’évoluer dans un monde de plus en plus numérique et de devenir acteurs de la transformation numérique en adoptant les comportements entrepreneuriaux adéquats.

    Cette page offre un aperçu des principaux indicateurs liés à l’analyse des compétences numériques, présentés selon une ventilation genrée.

    D’autres indicateurs liés à la digitalisation des PME sont étudiés dans les pages :

    L’importance des travailleurs qualifiés

    En Belgique, 58 % des PME interrogées dans le cadre du Flash Eurobaromètre 529 estiment que les compétences numériques gagnent en importance au sein de leur entreprise. Parmi elles, 27 % considèrent qu’elles deviennent nettement plus importantes, tandis que 31 % jugent qu’elles prennent un peu plus d’importance. À l’inverse, environ une PME sur cinq ne perçoit aucun changement significatif dans ce domaine.

    Il est donc essentiel pour les PME de pouvoir compter sur des employés disposant des compétences adaptées à leurs besoins, qu’il s’agisse de compétences numériques ou dans d’autres domaines. 70 % des PME belges interrogées considèrent qu’il est « très important » pour leur business modèle de disposer des employés avec les compétences requises, tandis que 22 % le jugent « modérément important ». Bien que la répartition entre ces deux catégories varie légèrement entre les résultats belges et européens, la somme des réponses montre que l’importance accordée aux compétences est globalement similaire pour les PME de notre pays et leurs homologues européennes.

    L’importance accordée aux compétences du personnel permet de mieux comprendre une autre réalité : 62 % des PME belges interrogées affirment qu’il est très difficile de recruter des travailleurs qualifiés. Si l’on ajoute les 19 % qui trouvent cela « modérément difficile », on constate que près de 80 % des PME rencontrent des obstacles dans leur processus de recrutement — un chiffre supérieur à la moyenne européenne.

    Les difficultés de recrutement peuvent freiner le développement des entreprises, en particulier leur transition numérique. Ainsi, 42 % des PME belges reconnaissent que le manque de talents constitue un obstacle à l’adoption ou à l’utilisation de nouvelles technologies. Dans le détail, 32 % se disent tout à fait d’accord avec cette affirmation, tandis que 10 % y adhèrent de manière plus mesurée.

    Ces résultats ressortent de l’enquête du Flash Eurobaromètre 529 dédié à l’Année européenne des compétences. Il analyse les pénuries de compétences ainsi que les stratégies de recrutement dans les PME, sur la base d’entretiens téléphoniques réalisés entre le 4 et le 24 mai 2023 avec 12.909 PME européennes, dont 501 PME belges.

    État des lieux des compétences numériques en Belgique

    Il convient d’examiner les données relatives aux compétences numériques, au nombre de diplômés dans les filières scientifiques et technologiques (STEM), ainsi qu’à la proportion d’employés du secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) au sein de la population active, afin de les mettre en perspective avec les éléments précédemment évoqués.

    Les diplômés STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques)

    Le nombre de diplômés dans les disciplines liées aux STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) constitue un indicateur de la disponibilité sur le marché du travail des compétences essentielles, en lien direct avec les enjeux de la numérisation. La Belgique affiche des résultats inférieurs à la moyenne européenne : l’UE compte en moyenne 16,7 femmes et 28,9 hommes diplômés en STEM pour 1.000 habitants de 20 à 29 ans, la Belgique compte à peine 9,1 femmes et 23,3 hommes dans ce domaine. Cette moindre performance de la Belgique en matière de formations associées à l’informatique et aux sciences pourrait se refléter à terme négativement dans le niveau de digitalisation des PME.

    Ces résultats permettent également de mettre en exergue une différentiation forte entre nombre de diplômés et de diplômées. En 2022, la Belgique comptait 23,3 hommes diplômés en STEM pour 1.000 hommes âgés de 20 à 29 ans. C’est près de trois fois moins pour les femmes : seulement 9,1 femmes sur 1.000 âgées de 20 à 29 ans sont en possession d’un diplôme de ce type. Cet écart genré persiste depuis de nombreuses années : en 2013, le nombre de femmes diplômées des filières technologiques s'élevait à 6,4, tandis qu'il était de 19,5 pour les hommes, sur 1.000 individus du même sexe âgés de 20 à 29 ans.

    Cette divergence en matière de diplômes STEM peut également être à l’origine des écarts détectés dans les indicateurs présentés ci-dessous.

    Les compétences numériques

    En Belgique, les hommes sont plus susceptibles que les femmes de disposer de compétences numériques.

    Sur la base des données 2023, une ventilation par genre révèle une différence de 2,5 points de pourcentage pour un niveau de compétences numériques de base dans cinq domaines :

    • information
    • communication
    • création de contenus
    • sécurité
    • résolution de problèmes

    Ainsi, 60,7 % des hommes âgés de 16 à 74 ans ont au moins un niveau général basique dans ces cinq domaines, alors que les femmes sont seulement 58,1 % à être dans ce cas. Le niveau général de compétences des femmes de l’UE est légèrement inférieur à celui des femmes belges : respectivement 54,5 % et 58,17 % pour l’UE et la Belgique pour un niveau général basique. En deux ans, l’écart genré s’est réduit de moitié, puisqu’il s’élevait à 5,2 points de pourcentage en 2021.

    C’est dans les compétences numériques nécessaires à des activités plus pointues, telles que la création de contenus et la sécurité, que l’écart de genre est davantage marqué, en particulier pour un niveau de connaissance avancé : seulement 72,5 % des femmes entre 16 et 74 ans ont par exemple créé des contenus en utilisant des outils informatiques contre 75,8 % des hommes du même âge, soit un différentiel de 3,3 points de pourcentage. Cet écart s’accroît jusque 7,4 points de pourcentage pour un niveau de maîtrise avancé de compétences en création de contenu (48,6 % pour les femmes, 56 % pour les hommes).

    Les spécialistes des TIC (technologies de l’information et de la communication)

    Concernant les spécialistes des TIC (technologies de l’information et de la communication), on observe une part plus importante de ces spécialistes en Belgique qu’en moyenne dans le reste de l’Union européenne (5,4 % contre 4,8 %). Ce résultat est cohérent avec le niveau avancé de digitalisation des PME belges. En revanche, la stabilisation voire la légère diminution de la part des spécialistes TIC dans l’emploi total en Belgique, alors que cette part augmente en moyenne dans l’Union européenne, pourrait à terme se refléter négativement. Ce chiffre est à mettre en relation avec le nombre de diplômés STEM, inférieur également à la moyenne européenne, et à la difficulté de recrutement plus importante en Belgique que dans le reste de l’UE concernant les spécialistes dotés des compétences requises.

    La répartition entre hommes et femmes occupant des postes de spécialistes en TIC met en évidence une disparité de genre assez prononcée. Actuellement, les femmes ne représentent qu'environ un cinquième de l'ensemble des spécialistes en technologie de l'information et de la communication dans notre pays, tandis que les hommes occupent 80 % de ces postes. Bien que l'écart entre les genres s'atténue progressivement, cette évolution demeure relativement lente. Par ailleurs, la proportion de spécialistes en TIC dans l'emploi total a régulièrement augmenté au cours des dix dernières années, passant de 4,2 % en 2014 à 5,4 % en 2023. Les résultats de la Belgique se situent légèrement au-dessus de la moyenne européenne, qui était de 4,8 % de spécialistes en TIC en 2023. La catégorie « spécialistes en TIC » reprend une multitude de fonctions comme les responsables, les techniciens et les installateurs informatiques.

    Technologies numériques et nouvelles compétences dans le cadre professionnel

    L’Eurobaromètre spécial 554 relatif à l’Intelligence artificielle et l’avenir du travail a été réalisée par le groupe Verian à la demande de la Direction générale de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion de la Commission européenne (DG EMPL) dans les 27 États membres de l'UE entre le 25 avril et le 22 mai 2024. 26.415 personnes appartenant à différents groupes sociaux et démographiques ont été interrogées, dont 1.019 en Belgique réparties en 4 % d’indépendants, 42 % de salariés et 54 % de non-actifs.

    Cette enquête permet d’offrir la perspective de la population sur ses compétences numériques, et notamment la maîtrise de l’intelligence artificielle, dans le cadre professionnel.

    Les difficultés de recrutement dans le monde professionnel et leur impact sur la transformation numérique des entreprises, comme évoqué précédemment, sont à mettre en relation avec la perception de la population sur ses compétences numériques.

    Une importante majorité, soit plus de 70 % des personnes interrogées en Belgique dans le cadre de cet Eurobaromètre, estiment disposer des compétences numériques requises tant pour l’exercice de leur emploi actuel que pour occuper un poste futur. Ainsi, dans notre pays, 78 % des répondants (actifs) se déclarent tout à fait ou plutôt d’accord avec cette affirmation dans le cadre de leur emploi actuel, une proportion qui descend à 74 % des interrogés (non retraités) s’agissant d’un éventuel changement de poste dans les 12 mois à venir. Ces chiffres sont légèrement supérieurs à la moyenne observée au sein de l’Union européenne. Toutefois, dans les deux situations, seule une minorité des répondants – environ un cinquième – fait preuve d’une confiance totale en ses compétences numériques, un niveau inférieur à celui relevé dans l’ensemble de l’UE. Enfin, 72 % des personnes considèrent être capables de bénéficier d’opportunités d’apprentissage en ligne.

    L’employeur joue un rôle déterminant dans la mise à disposition des outils et des formations permettant aux travailleurs d’acquérir les compétences nécessaires à l’utilisation des technologies les plus récentes. Dans ce contexte, 71 % des personnes interrogées en Belgique déclarent que leur employeur leur fournit les ressources et formations appropriées pour travailler efficacement avec les technologies numériques. Parmi ces personnes, 15 % se disent totalement d’accord et 56 % plutôt d’accord avec cette affirmation. Cela signifie toutefois que plus d’un quart des sondés estiment que leur employeur ne met pas en œuvre les moyens nécessaires pour leur permettre d’utiliser ou de développer leurs compétences dans l’usage des technologies numériques les plus avancées. Il convient de souligner que la notion d’« employeur » adoptée dans cette enquête est particulièrement large et ne se limite pas aux petites et moyennes entreprises (PME).

    Le plan interfédéral et intersectoriel « Women in Digital » 

    Pour lutter contre la présence inégale entre hommes et femmes dans le domaine digital, le Conseil des ministres a approuvé en 2021 une stratégie « Women in Digital (PDF, 1.03 Mo) » qui a pour objectif de mieux coordonner les différentes initiatives prises en matière de promotion des femmes dans les STEM/TIC en Belgique.

    Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du « Commitment on women in Digital », une déclaration signée par la Belgique en 2019, soulignant l’intérêt de notre pays à défendre la promotion des femmes dans le secteur numérique (STEM/ICT) au niveau européen.

    Cette stratégie s’articule autour de cinq objectifs stratégiques :  

    • veiller à ce que davantage de femmes obtiennent leur diplôme dans le secteur du numérique
    • favoriser l’intégration des femmes dans le monde du travail numérique et/ou dans le secteur du numérique
    • favoriser le maintien des femmes dans le secteur du numérique.
    • lutter contre les stéréotypes en construisant de nouvelles images
    • éliminer l'écart de genre dans les groupes cibles spécifiques

    L’état d’avancement de la stratégie et la mise en œuvre des différentes initiatives fait l’objet d’un rapport de suivi régulier.  La dernière édition de ce rapport a été publiée le 6 février 2025.

    Dernière mise à jour
    16 juillet 2025