Table of Contents
L’utilisation efficace des ressources est le principe de base qui sous-tend l'ensemble de la stratégie de l’économie circulaire. Elle est par ailleurs fondamentale pour la croissance verte. En utilisant moins de ressources, de manière plus efficace, la Belgique peut maintenir son avantage concurrentiel, créer une croissance verte et des emplois durables en protégeant mieux l'environnement.
Plan d’action fédéral pour une économie circulaire 2021-2024
Pour une croissance verte et durable, nous devons tirer un meilleur parti de chaque tonne de matériau, de chaque joule d'énergie et de chaque mètre cube d'eau utilisés. Tous ces efforts visent à la réalisation de l'objectif européen de neutralité climatique d'ici 2050. En 2021, le gouvernement fédéral belge a approuvé le « Plan d'action fédéral pour une économie circulaire 2021-2024 ». Ce dernier contient 25 mesures concrètes pour effectuer la transition vers une économie verte.
Le plan d'action fédéral a pour but de compléter les actions d'économie circulaire de nos trois régions.
Indicateurs environnementaux de la Belgique
L'utilisation plus efficace de nos ressources disponibles est la clé pour « faire plus avec moins » et fournir davantage de valeur avec moins d’intrant. Mais notre stock de ressources n'est pas infini, et nos ressources naturelles s'épuisent de plus en plus. Pour contribuer au volet environnemental des objectifs mondiaux de développement durable (ODD), le Service Compétitivité du SPF Economie analyse la manière dont la Belgique gère ses ressources disponibles à l'aide de quelques indicateurs :
- la productivité des ressources
- pénurie d'eau durable
- la productivité énergétique
- les émissions de gaz à effet de serre.
Productivité des ressources
Pour déterminer l'efficacité des ressources d'un pays, on utilise la productivité des ressources comme référence. Dans quelle mesure un pays utilise-t-il efficacement ses ressources disponibles pour fabriquer des produits et offrir des services ? Pour le calculer, on divise le produit intérieur brut (PIB) par la consommation nationale de matières premières (ou Domestic Material Consumption - DMC).
La DMC mesure la quantité totale de matériaux utilisés directement par une économie en kilogrammes. Elle est définie comme la quantité annuelle de matières premières extraites à l’intérieur des frontières de l'économie en question.
Si le PIB augmentait plus rapidement que la consommation de ressources, cela signifierait que la productivité des ressources s'améliore, indiquant une économie qui crée plus de richesses sans nécessiter une augmentation proportionnelle de la consommation de ressources.
Normalement, les économies industrielles orientées vers l'exportation consomment davantage de ressources car elles importent de grandes quantités de matières premières qui sont ensuite réexportées sous forme de produits finis. Les économies qui effectuent une transition vers un modèle plus circulaire avec une moindre consommation de matériaux réduiraient leur dépendance aux matières premières rares et amélioreraient leur compétitivité.
Comparaison de la productivité des ressources de la Belgique et des pays de l’UE
Pour comparer la productivité des ressources de différents pays au cours d'une même année, le PIB est exprimé en parité de pouvoir d'achat (PPA) (voir le premier onglet de l’infographique « indicateurs de développement durable »).
En 2021, la productivité des ressources moyenne pour l'Union européenne (UE27) était d'environ 2,30 PPA/kg. Les pays les plus performants sont les Pays-Bas, le Luxembourg, l'Italie, l'Irlande et la France (tous présentent des valeurs comprises entre 5,72 PPA/kg et 3,12 PPA/kg).
La Belgique n'est certainement pas à la traîne avec un chiffre de 2,82 PPA/kg et reste devant l'Allemagne et la moyenne de l'UE.
Les bonnes performances de certains pays de tête peuvent être en partie attribuées au fait que leurs économies sont dominées par des secteurs de services (par exemple, les services financiers, le tourisme, les arts et les loisirs, les soins de santé et l'administration publique), qui consomment moins de matières premières domestiques.
Les États membres disposant d’un PIB plus faible, de grands secteurs industriels et d'extraction primaire (par exemple, la sylviculture et l'exploitation minière) sont moins efficaces dans l'utilisation des ressources. Il s'agit généralement d'États membres dessinant les contours du continent, dans le nord, l'est et le sud de l'Europe.
Risque de pénurie d’eau durable
En tant que ressource, l'eau joue un rôle central dans le fonctionnement de notre biosphère et dans le maintien de toute vie. Elle constitue également une ressource essentielle pour de nombreux secteurs économiques :
- énergie
- produits chimiques
- mines et secteurs industriels
- mais aussi agriculture
- papier
- alimentation et boissons.
Cependant, l'eau est une ressource limitée et, dans certains pays européens, sa disponibilité est plutôt restreinte. Par ailleurs, les sources existantes sont soumises à une pression importante en raison du changement climatique.
Indice d’exploitation de l'eau plus (WEI+) de la Belgique et des pays de l’UE
L'« indice d’exploitation de l'eau plus » (en anglais, Water Exploitation Index plus ou WEI+) est un instrument de mesure élaboré par l'Agence européenne pour l'environnement (AEE). Il mesure la pénurie d'eau d'un pays en divisant le prélèvement moyen (demande) d'eau douce par la moyenne à long terme des ressources en eau douce (offre). Cependant, le WEI+ tient compte de la récupération de l'eau utilisée et donc du prélèvement net d'eau (demande nette). En d'autres termes, il quantifie la quantité d'eau prélevée et la quantité d'eau restituée à l'environnement après utilisation.
Pour atteindre l'ODD 6 en matière d'eau potable et d'assainissement d'ici 2030, le WEI+ doit rester inférieur à 20 %, les valeurs supérieures à cette proportion étant considérées comme une pénurie durable d'eau.
En 2019, Chypre et Malte étaient les États membres présentant le WEI+ le plus élevé (113 % et 29,6 % respectivement). Ce sont des îles au climat chaud et sec, avec peu de ressources naturelles en eau et une forte dépendance aux précipitations. Les trois pays ayant les meilleurs scores WEI+ en 2019 étaient, en ordre croissant :
- l'Autriche (0,14 %),
- la Croatie (0,17 %)
- la Suède (0,22 %).
La moyenne européenne est de 3,6 %.
La Belgique obtient un score légèrement plus mauvais que cette moyenne européenne : 5,8 %. Mais, avec ce score, elle se situe bien en deçà de la limite établie par l'ODD 6 (voir plus haut).
Nos voisins, les Pays-Bas (4,8 %), la France (2,8 %) et l'Allemagne (2,6 %), atteignent également l'objectif.
Les facteurs importants qui peuvent contribuer à la pénurie d'eau en Belgique, et plus particulièrement en Flandre et à Bruxelles, sont la forte densité de population, un aménagement du territoire défavorable et le faible niveau de recyclage de nos eaux usées.
Productivité énergétique
Au cours des dernières décennies, l'UE est devenue plus productive en matière de consommation d'énergie. En d’autres mots, l'économie européenne a enregistré une croissance plus rapide que sa consommation d'énergie ne le laissait présager. Les pratiques économiques durables sont à la base de ce résultat.
L'efficacité énergétique d'un pays est calculée par la productivité énergétique. En divisant le PIB (calculé en PPA) par l'énergie brute disponible (kilogrammes d'équivalent pétrole ou Kgep), on obtient un chiffre approximatif de l'efficacité pour une année donnée. Cet indicateur est principalement utilisé par la Commission européenne (CE) pour suivre les progrès de l'ODD 7 sur l'énergie durable et abordable. Cet ODD a été qualifié de prioritaire par la CE dans le cadre du « Green Deal » européen pour faire de l'Europe un continent totalement neutre sur le plan climatique d'ici 2050.
La productivité énergétique est une mesure du bénéfice économique que nous retirons de chaque unité d'énergie que nous consommons. Pour 2020, nous constatons que la Belgique reste sous-performante et se situe en dessous de la moyenne de l'UE tout comme les Pays-Bas et la France :
- BE : 7,1 PPA/kgep
- NL : 8,2 PPA/kgep
- FR : 9,4 PPA/kgep
- UE27 : 9,7 PPA/kgep.
Parmi nos voisins, seule l'Allemagne se situe au-dessus de cette moyenne avec 10,7 PPA/kgep. Toutefois, la moyenne est fortement influencée par l'Irlande qui, en raison de sa faible consommation d'énergie par habitant, prend la tête du classement avec 22,4 PPA/kgep en 2020.
Néanmoins, la performance de la Belgique (en euros chaînés €6,7/kgep) est médiocre et notre pays devra augmenter sa productivité énergétique à €11,2/kgep pour atteindre l'ODD 7 d'ici 2030.
Émissions de gaz à effet de serre
La réduction des émissions de gaz à effet de serre est un élément important pour atténuer les conséquences du changement climatique. En 2020, l'UE a fixé un nouvel objectif pour 2030, à savoir réduire les émissions (internes à l’UE) de gaz à effet de serre de 55 % par rapport aux niveaux de 1990. Il s’agit d’un signal fort aux gouvernements et aux entreprises pour qu'ils continuent à encourager et à entreprendre de nouveaux investissements et efforts.
En 2020, les émissions de gaz à effet de serre en Belgique étaient d'environ 109,7 millions de tonnes d'équivalent CO2. Cet indicateur montre les émissions anthropiques de six gaz à effet de serre définis par le protocole de Kyoto. Ce chiffre ne comprend que les émissions à l'intérieur des frontières nationales et n'inclut donc pas les émissions importées résultant d'une production à l’étranger.
Les émissions de l'aviation internationale sont également incluses. Ce chiffre doit diminuer de 55 % entre 1990 et 2030 pour atteindre l'objectif de développement durable d'ici 2030. Selon les projections du Plan national énergie-climat 2021-2030 et du Bureau fédéral du Plan (BfP), cet objectif ne sera pas atteint. Actuellement, le gouvernement fédéral (à la demande de l'UE) examine des actions complémentaires dans le cadre du plan national pour l'énergie et le climat afin de remettre la Belgique sur la voie de la réalisation des objectifs.
Comparaison des émissions de gaz à effet de serre en Belgique et dans les pays de l’UE
Une comparaison internationale nécessite de calculer les émissions de gaz à effet de serre par habitant puisque la taille d'une économie est fortement corrélée positivement avec les émissions de CO2.
Selon cette méthode de calcul, alors que nos émissions en termes absolus sont inférieurs à ceux des pays voisins, nous enregistrons les deuxièmes plus grandes émissions relatives (par habitant), soit quelque 9,2 mille tonnes en équivalent CO2.
Dans un classement de 31 pays européens (voir le quatrième onglet de l’infographique « indicateurs de développement durable ».), la Belgique n'occupe que le 24e rang, juste en dessous de l'Allemagne (23e) mais au-dessus des Pays-Bas (27e). La France fait mieux que 58 % des autres pays et se situe en 13e position. L'Islande est le pays le moins performant avec 37,6 mille tonnes d'équivalent CO2 par habitant. La Suède, en revanche, se distingue comme le pays le plus performant d'Europe. Elle doit ce titre à l'utilisation de sources d'énergie à moindre intensité de carbone, telles que l'hydroélectricité, la biomasse et le gaz naturel.