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    Pour une comparaison internationale, il est nécessaire de disposer de données qui soient comparables entre les pays puisque chacun d’entre eux possède son propre système d’affiliation des travailleurs indépendants. Ainsi, deux travailleurs dans une situation administrative a priori similaire peuvent être considérés comme des travailleurs indépendants ou non en fonction des réglementations en vigueur dans leur pays de résidence. Pour éviter cet écueil, Eurostat réalise annuellement l’enquête sur les forces de travail (EFT). Cette enquête socio-économique est réalisée par sondage auprès des ménages dans chaque État membre de l’Union européenne avec une méthodologie comparable entre les pays. Seuls les indépendants à titre principal peuvent ici avoir le statut d’indépendant, les indépendants à titre complémentaire sont considérés comme des salariés et les actifs après la pension comme des inactifs.

    Cette méthodologie conduit toutefois à des divergences entre les statistiques administratives nationales, plus détaillées mais qui ne permettent pas d’effectuer des comparaisons internationales, et les statistiques issues de l’enquête européenne sur les forces de travail (EFT) qui rendent une telle comparaison possible.

    Répartition des indépendants selon le genre

    Selon l’Enquête européenne sur les forces de travail (EFT-EU), 714.200 entrepreneurs indépendants âgés de 15 à 74 ans étaient actifs à titre principal en Belgique en 2022. Il s’agit d’une augmentation de 2,4 % par rapport à l’année précédente. Parmi ceux-ci, 478.200 sont de sexe masculin (67 % du total, +9,2 %) et 235.900 de sexe féminin (33 % du total, +10,2 %).

    L’Italie, l’Allemagne, la France, l’Espagne et la Pologne sont les pays ayant le plus grand nombre d’indépendants (plus de 3 millions chacun). La Belgique, avec sa 10e place, se situe dans une position intermédiaire entre les grands et petits pays. Enfin, par comparaison avec les pays limitrophes, la Belgique (avec l’Allemagne) possède la proportion la plus élevée d’indépendants masculins (67 %) proche de la moyenne européenne (66,9 %).

    Nombre d’indépendants pour 1.000 habitants

    Avec 83,7 indépendants pour 1.000 habitants âgés de 15 à 74 ans en 2022, la Belgique se situe en 11e place parmi les pays de l’UE27. La densité du nombre d’indépendants est plus élevée aux Pays-Bas, soit 114,6 pour 1.000 habitants. Cette même variable est par contre plus faible en France, au Luxembourg et en Allemagne avec respectivement 74,9, 57,6 et 56,3 indépendants pour 1.000 habitants. La moyenne de l’UE27 s’élève à 83,2 pour 1.000 habitants.

    Une analyse genrée révèle que la Belgique compte près du double d’indépendants masculins par rapport aux indépendantes, rapportés à la population de même sexe. Ainsi, notre pays compte 111,6 indépendants pour 1.000 hommes âgés de 15 à 74 ans mais seulement 54,7 indépendantes pour 1.000 femmes de 15 à 74 ans. La part des femmes exerçant une activité indépendante est plus grande aux Pays-Bas, soit 82,1 entrepreneuses pour 1.000 femmes. Elle est par contre nettement inférieure en Allemagne, ce pays comptant 37,8 indépendantes pour 1.000 habitantes.

    Part des indépendants dans la population active

    En ce qui concerne la part des indépendants dans la population active occupée, la même analyse situe la Belgique à la 8e place européenne. Les entrepreneurs indépendants représentent 13,5 % de la population active occupée dans notre pays, ce qui correspond à peu près à la moyenne de l’UE27 de 12,7 %.

    Une répartition par genre témoigne à nouveau de l’écart entre le taux de participation des hommes et des femmes dans le monde entrepreneurial belge. Les statistiques de l’enquête européenne sur les forces de travail enregistrent une proportion de 17,1 % d’hommes actifs au titre d’indépendant contre 9,5 % pour les femmes actives. Parmi les pays limitrophes de la Belgique, seuls les Pays-Bas comptent plus de femmes indépendantes dans leur population active (11,6 %).

    Part des indépendants employant des travailleurs

    En Belgique, 25,5 % des indépendants emploient des travailleurs. C’est légèrement moins que la moyenne de l’UE27 (31,7 %). Avec respectivement 49,4 % et 39,4 %, l’Allemagne et la France sont les deux pays limitrophes où les indépendants sont le plus souvent des employeurs. Le Luxembourg fait également mieux que la Belgique à cet égard : 36,2 % de ses travailleurs indépendants sont des employeurs. Aux Pays-Bas, par contre, moins d’un quart des indépendants sont des employeurs.

    Les hommes se révèlent davantage enclins à engager des travailleurs que les femmes : en Belgique, 26,9 % des indépendants sont des employeurs, contre seulement 22,8 % des indépendantes. Cet écart est également perceptible au niveau de la moyenne européenne (34,3 % d’hommes contre 26,5 % de femmes) et dans les pays limitrophes.

    Niveau d’étude

    La majorité des travailleurs indépendants en Belgique ont atteint un niveau d’étude post-secondaire supérieur (56,5 %). La Belgique est même le pays membre de l’UE27 à avoir la proportion la plus élevée d’indépendants ayant un haut niveau d’étude après le Luxembourg. Les autres pays limitrophes se trouvent dans les six premières places de ce classement. L’Autriche, avec sa 4e place, adhère également à ce groupe. À l’autre extrémité du classement, la Roumanie occupe la 27e place avec seulement 11,3 % des travailleurs indépendants ayant un niveau d’étude post-secondaire supérieur.

    Les travailleurs indépendants titulaires d’un diplôme du secondaire inférieur ou moins sont 10 % en Belgique ce qui la place à la 16e place, mais la situe au-dessus de pays comme la Slovaquie (1,6 %), la République tchèque (3,2 %) et la Hongrie (3,6 %). Six pays ont cependant des proportions supérieures à 25 % : la Grèce (27,1 %), l’Italie (30,4 %), la Roumanie (34,6 %), l’Espagne (34,7 %), Malte (41,3 %) et le Portugal (46,2 %).

    Enfin, la proportion d’hommes diminue avec l’augmentation du niveau d’étude : 82,6 % pour les travailleurs indépendants ayant un niveau d’étude secondaire inférieur ou moins (75,3 % pour l’UE27) et 61,4 % pour les travailleurs indépendants ayant un niveau d’étude post-secondaire supérieur (59,2 % pour l’UE27).

    Niveau d’étude des travailleurs indépendants employeurs

    Le niveau d’étude des travailleurs indépendants employeurs diffère quelque peu de celui des travailleurs indépendants. En Belgique, la proportion des travailleurs indépendants employeurs qui ont atteint un niveau d’étude post-secondaire supérieur est moindre (51,5 % des employeurs contre 56,5 % pour l’ensemble des indépendants). Parmi les pays limitrophes, la situation est encore plus vraie au Luxembourg avec 52,5 % des employeurs ayant un niveau d’étude post-secondaire supérieur contre 61,3 % pour l’ensemble des indépendants. La Belgique est néanmoins classée à la 6e place des pays membres de l’UE affichant la proportion la plus élevée de travailleurs indépendants employeurs ayant un niveau d’étude post-secondaire supérieur.

    Enfin, comme pour l’ensemble des indépendants, la proportion d’hommes diminue avec l’augmentation du niveau d’étude : 81,9 % pour les travailleurs indépendants employeurs ayant un niveau d’étude secondaire inférieur ou moins (82,6 % pour l’ensemble des indépendants) et 66,3 % pour les travailleurs indépendants employeurs ayant un niveau d’étude post-secondaire supérieur (61,4 % pour l’ensemble des indépendants).   

    Répartition sectorielle

    En Belgique, 58,6 % des travailleurs indépendants sont actifs dans seulement quatre secteurs :

    • les activités spécialisées scientifiques et techniques (17,9 %),
    • le commerce (15,1 %),
    • la construction (12,9 %),
    • la santé humaine et l’action sociale (12,7 %).

    La Belgique occupe une position proche de la moyenne européenne pour la construction (12,9 % contre 12 % pour l’Union européenne) et le commerce (15,1 % contre 15 % pour l’Union européenne) mais supérieure dans les activités spécialisées scientifiques et techniques (17,9 % contre 13,1 % pour l’Union européenne) et dans la santé humaine et l’action sociale (12,7 % contre 7,2 % pour l’Union européenne).

    Dans la plupart des secteurs, la proportion d’hommes indépendants est supérieure à celle des femmes en Belgique, notamment dans la construction (93,4 %). La situation est inversée pour le secteur de la santé humaine et de l’action sociale avec seulement 37,5 % d’hommes. Par rapport aux autres pays européens, la Belgique se situe relativement proche de la moyenne européenne pour la plupart des secteurs.

    Répartition sectorielle des travailleurs indépendants employeurs

    La répartition sectorielle des travailleurs indépendants employeurs diffère quelque peu de celle des travailleurs indépendants. En Belgique, la proportion des travailleurs indépendants employeurs est ainsi nettement inférieure dans le secteur des activités spécialisées scientifiques et techniques (13,1 % d’employeurs contre 17,9 % pour l’ensemble des indépendants) et dans celui de la santé humaine et de l’action sociale (5,9 % contre 12,7 % pour l’ensemble des indépendants). Dans l’horeca, la proportion des travailleurs indépendants employeurs est par contre nettement supérieure (13,1 %) à celle de l’ensemble des indépendants (7,1 %).

    Les mêmes différences se retrouvent plus ou moins dans les autres pays de l’UE27. Dans l’agriculture, l’écart apparaît cependant plus important dans certains pays. Par exemple, en Pologne, la part des travailleurs indépendants dans l’agriculture est de 34,7 % alors que celle des travailleurs indépendants employeurs est de 4,3 %.     

    La proportion d’hommes est nettement inférieure en Belgique pour les travailleurs indépendants employeurs dans le secteur de la construction (89,7 % au lieu de 93,4 % pour l’ensemble du secteur) mais supérieure dans le secteur des activités spécialisées scientifiques et techniques (73,5 % au lieu de 65,4 % pour l’ensemble du secteur). Les mêmes écarts sont présents dans les autres pays de l’UE27.  

    Fondateurs de start-ups

    D’après le « EU Startup Monitor », moins d’un fondateur de start-up sur dix en Belgique était une femme (9,9 %) en 2018. Seuls la République tchèque et le Portugal comptent encore moins de femmes parmi les fondateurs de start-ups. Aux Pays-Bas et en France, un fondateur de start-up sur cinq était une femme (22,2 % et 20 % respectivement). En Allemagne, 15,1 % des fondateurs de start-ups étaient des femmes, soit un résultat légèrement en deçà de la moyenne européenne des 18 pays repris dans le rapport (15,6 %).

    La plupart des fondateurs de start-up ont un niveau d’étude élevé : 72,9 % sont titulaires d’un master, d’un doctorat ou d’un diplôme équivalent en Belgique. En France, le pourcentage est encore plus élevé avec 92,9 %. Aux Pays-Bas et en Allemagne, le pourcentage est légèrement inférieur à celui de la Belgique avec respectivement 68,1 % et 67,8 % de fondateurs de start-up ayant un master, un doctorat ou un diplôme équivalent.  

    Dernière mise à jour
    25 juillet 2023