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L'intelligence artificielle (IA) connaît une adoption croissante parmi les petites et moyennes entreprises (PME), notamment depuis l'avènement de l'IA générative. Il est essentiel de suivre attentivement l'évolution de l'intégration de l'IA au sein des PME pour en comprendre les impacts et les opportunités. Vous trouverez des informations sur d’autres indicateurs liés à la digitalisation des entreprises dans les pages :
- Technologies numériques au sein des PME belges
- Technologies numériques avancées
- E-commerce
- Communication numérique
- Obstacles à la digitalisation
- Cybersécurité au sein des PME belges
- Compétences numériques – une approche genrée
- Digitalisation des PME belges – une comparaison internationale
L'intelligence artificielle (IA)
Selon la Commission européenne, l’intelligence artificielle (IA) désigne « les systèmes qui font preuve d’un comportement intelligent en analysant leur environnement et en prenant des mesures – avec un certain degré d’autonomie – pour atteindre des objectifs spécifiques. Les systèmes dotés d’IA peuvent être purement logiciels, agissant dans le monde virtuel (assistants vocaux, logiciels d’analyse d’images, moteurs de recherche ou systèmes de reconnaissance vocale et faciale, par exemple). Cependant, l’IA peut aussi être intégrée dans des dispositifs matériels (robots évolués, voitures autonomes, drones ou applications de l’internet des objets, par exemple). »
Les applications de l’IA à destination des entreprises sont nombreuses car cette technologie propose un éventail de solutions pour tous les secteurs économiques. Aujourd’hui, elle est par exemple utilisée dans les secteurs suivants :
- l’industrie pour améliorer les performances des machines,
- l’agriculture, pour optimiser le suivi des cultures et du bétail,
- la vente en ligne, via des chatbots capables de répondre aux questions des clients ou pour présenter le produit selon les préférences de l’utilisateur,
- le secteur de la santé, en croisant les données médicales des patients pour détecter plus rapidement certaines pathologies,
- etc.
La fréquence d’usage de l’AI parmi les PME
Selon les résultats de l’enquête menée en 2024, l’IA s’est implantée dans 16 % des PME en Belgique, soit deux fois plus qu’en 2023 (8,7 %) et trois fois plus qu’en 2022 (5,5 %). Cette adoption croissante touche toutes les catégories d’entreprises.
Toutefois, ce sont les entreprises de taille moyenne qui se montrent les plus réceptives, avec un taux d’adoption de 35,7 %, en hausse de 12 points en un an. En comparaison, l’IA est utilisée par seulement 14,4 % des micro-entreprises et 20,7 % des petites entreprises en 2024. Néanmoins, son essor s’est nettement accéléré dans ces dernières : l’adoption de l’intelligence artificielle a doublé en un an, alors qu’il avait fallu trois ans (2020-2023) pour atteindre une progression similaire auparavant.
La part des entreprises ayant envisagé d’adopter l’IA sans finalement franchir le cap évolue avec leur taille : 4,2 % des micro-entreprises, 8,1 % des petites et 13,3 % des moyennes entreprises sont dans cette situation. Ces pourcentages sont en hausse par rapport aux années précédentes.
Domaines d'application et types de processus
Les petites et moyennes entreprises (PME) ayant recours à l'intelligence artificielle l'exploitent pour des usages variés. En 2024, un tiers d'entre elles l’intègre dans la gestion financière et comptable. Par ailleurs, l’IA constitue un outil privilégié pour l’optimisation des processus de gestion ainsi que pour les activités de commercialisation et de vente. Les applications commerciales figurent ainsi pour le première fois parmi les trois principaux domaines d’application de l’IA au sein des PME, supplantant la cybersécurité. Depuis 2024, la sécurité informatique figure parmi le top 3 des usages de l’IA uniquement parmi les PME de taille moyenne.
Les types d’intelligence artificielle les plus couramment exploités au sein des PME belges sont en lien avec
- le traitement du langage, en particulier l’analyse du texte écrit (62,3 %),
- la génération de langage écrit ou oral (46,6 %),
- la reconnaissance et le traitement de la parole (32 %).
Viennent ensuite les technologies dédiées à l’automatisation des flux de travail (29,8 %) et à l’apprentissage automatique (25,7 %). Ces dernières présentent néanmoins une adoption plus contrastée selon la taille des entreprises : elles sont significativement plus répandues parmi les PME de plus de 50 salariés.
Origine des systèmes et logiciels d’IA
Au sein des PME, toutes classes de taille confondues, les systèmes et logiciels d’intelligence artificielle sont majoritairement acquis sous forme de solutions commerciales prêtes à l’emploi, ce qui concerne une entreprise sur deux, et même 61 % des PME de plus de 50 travailleurs.
Environ une PME sur cinq opte néanmoins pour une gestion internalisée, soit en développant ses propres systèmes via ses salariés, soit en modifiant des logiciels commerciaux ou open source en interne. L’externalisation, en revanche, concerne un tiers des PME : elles font appel à des prestataires externes pour développer ou adapter les outils d’IA achetés.
L’approche varie toutefois en fonction de la taille de l’entreprise. Comparativement aux plus grandes PME, les micro-entreprises (moins de 10 salariés) ont une plus grande propension à privilégier une gestion interne totale. À cette fin, elles développent leurs propres solutions ou optent pour la modification interne de logiciels en open source. À l’inverse, les PME comptant entre 50 et 249 salariés se tournent davantage vers des logiciels commerciaux qui sont adaptés en interne par leurs propres travailleurs ou vers l’externalisation de leurs besoins en IA.
Obstacles à l’adoption de l’IA
L’adoption de l’IA par les PME se heurte à divers obstacles, au premier rang desquels figure le manque d’expertise, un frein persistant depuis plusieurs années. Cette difficulté est particulièrement marquée pour les plus petites entreprises de moins de 10 salariés, dont près de 80 % s’en disent affectées. Toutefois, entre 60 et 70 % des PME de plus grande taille rencontrent également cette problématique.
Un autre défi majeur concerne les considérations juridiques, telles que
- la protection des données,
- le respect de la vie privée,
- l’incertitude sur les conséquences juridiques.
Près de la moitié des micro-entreprises expriment des préoccupations à ce sujet, et au total, quatre PME sur dix perçoivent ces enjeux comme un frein à l’adoption de l’IA. Les enjeux éthiques semblent quant à eux davantage préoccuper les micro-entreprises que leurs homologues de plus grande taille.
Le manque de disponibilité ou la qualité insuffisante des données pénalisent davantage les entreprises de plus de 10 salariés que les micro-entreprises. Par ailleurs, l’incompatibilité avec les systèmes et logiciels préexistants, ne concerne plus aujourd’hui que 32 % des PME, contre 40 % en 2023.
Enfin, si le coût de l’IA était cité par près de 70 % des PME en 2021 comme un motif de non-adoption, aujourd’hui, il ne constitue plus un obstacle que pour trois entreprises sur dix.
À noter que 23 % des micro-entreprises considèrent également que l’IA ne leur est pas utile, contre 19 % des petites et 10 % des moyennes entreprises.
Initiatives publiques en faveur de l’IA
Ces dernières années, la Commission européenne s’est résolument engagée pour un développement coordonné de l’IA dans l’Union européenne.
La législation sur l’IA, mieux connue sous le nom de « AI Act », fixe le premier cadre juridique pour l’IA. Elle a été adoptée en mars 2024 et est entrée en vigueur en 2025. Elle fournit un cadre et des obligations claires aux entreprises pour les utilisations de l’IA tout en réduisant les charges administratives et financières. L’objectif est de contrôler les risques liés à l’IA et d’offrir à la population européenne un gage de confiance envers cette technologie.
En janvier 2024, la Commission européenne a publié une communication « Stimuler les start-up et l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle fiable». Elle a également lancé un train de mesures pour soutenir les start-up et les PME dans le développement d’une intelligence artificielle digne de confiance et respectueuse des valeurs et règles de l’UE.
Ces mesures font suite à la publication depuis 2018 de plusieurs textes insistant sur la nécessité de permettre aux PME d’accéder à l’IA et de découvrir des applications insoupçonnées qui pourraient être intégrées dans leur business quotidien.
La Belgique n’est pas en reste. À la demande du gouvernement fédéral, des experts belges ont émis des recommandations en vue d’élaborer une stratégie nationale. C’est dans ce cadre qu’a été publié le rapport AI4Belgium (voir la rubrique « liens utiles » au bas de la page) qui fournit une première version d’une stratégie belge générale sur l’intelligence artificielle. Le Plan national de convergence pour le développement de l’intelligence artificielle (voir la rubrique « liens utiles ») approfondit la stratégie pour encourager le développement et l’application de l’IA dans notre pays.
Enquête sur l’utilisation des TIC et de l’e-commerce dans les entreprises
Les données renseignées sur cette page sont issues de l’enquête sur l’utilisation des TIC et de l’e-commerce dans les entreprises réalisée annuellement par Statbel, la Direction générale Statistique du SPF Economie. En tant qu’office belge de statistique, Statbel collecte, produit et diffuse des chiffres sur l'économie, la société et le territoire belges.
L’échantillon se limite aux entreprises qui emploient au minimum 2 travailleurs. L’ensemble des secteurs d’activité économiques sont analysés à l’exception de l’agriculture, l’administration publique, les activités des ménages en tant qu’employeurs et les activités extraterritoriales (respectivement les sections A, O, T et U selon le code NACE rév. 2.). Les données relatives aux micro-entreprises concernent donc des entreprises de 2 à 9 travailleurs pour cette section spécifique.