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L'investissement en capital s'opère notamment par le biais de capital-risque et de « business angels ». Le particulier peut également investir dans des entreprises tout en bénéficiant d'un avantage fiscal grâce au mécanisme du « tax shelter » pour start-up et scale-up. Des informations détaillées sur ce dispositif sont disponibles sur la page web « Tax shelter Cette page esquisse la situation des petites et moyennes entreprises belges en matière d’accès au financement pour l’année 2024 en la comparant avec celle des pays limitrophes (France, Allemagne et Pays-Bas).
Afin d'obtenir une image représentative de l'ensemble de l'année, une moyenne annuelle est calculée. Les moyennes annuelles présentées sur cette page sont obtenues en faisant la moyenne des résultats des deux enquêtes réalisées au cours de l'année.
Principaux obstacles au développement des PME
L'étroitesse du marché du travail est le problème le plus fréquemment relevé par les PME en 2024 dans les quatre pays étudiés. Il s’agit notamment d’un obstacle majeur en Belgique (29,7 %) et aux Pays-Bas (32,6 %).
L’accès au financement est le principal obstacle au développement des entreprises pour seulement 3,4 % des PME belges. C’est aussi le cas des pays voisins : Allemagne (5,0 %), France (7,2 %) et Pays-Bas (6,3 %).
Cette problématique doit également être pondérée. En permettant aux entreprises d’attribuer un score aux divers obstacles auxquels elles font face (1 pour une importance négligeable ; 10 pour une importance cruciale), l’accès au financement obtient un score moyen de 3,9 sur 10. Il s’agit donc d’un défi relativement modéré par les PME belges.
Le score attribué par les PME de nos pays voisins au problème du financement est similaire, voire plus faible. L'accès au financement est donc un obstacle de moindre importance pour les PME belges et de pays limitrophes.
Facteurs affectant l'accès au financement
Le graphique « Évolution des facteurs influençant l’accès au financement » révèle la manière dont les PME perçoivent les conditions d’accès au financement. Il représente la différence en points de pourcentage entre le nombre de PME qui identifient une amélioration et le nombre de celles qui pointent une détérioration des conditions d’accès au financement au cours des six derniers mois.
Ce calcul est effectué pour trois indicateurs :
- l'accès de l’entreprise aux aides publiques
- la volonté des banques d'accorder des crédits
- la volonté des investisseurs de soutenir l’entreprise
En Belgique, la perception de la volonté des banques de prêter a augmenté (+3,2 points de pourcentage). Un chiffre pourtant en diminution en France (-5,2 points de pourcentage) et en Allemagne (-2,6 points de pourcentage).
Le tableau est également contrasté chez les investisseurs. Ces derniers semblent plus disposés à investir aux Pays-Bas (+5,0 points de pourcentage) et en Belgique (+2,0 points de pourcentage) et moins en Allemagne (-1,8 point de pourcentage).
Concernant l'accès aux aides financières publiques, les PME belges et des pays voisins perçoivent un net recul (une fois de plus) de l'accès aux aides publiques telles que les garanties.
Types de financement
Les mêmes types de financement dominent le classement en termes de pertinence et d'utilisation : le prêt bancaire traditionnel et la ligne de crédit sont des instruments de financement importants pour les PME belges et des pays voisins. À cet égard, la ligne de crédit est la forme de financement la plus utilisée, tant par les PME belges que par les PME néerlandaises et allemandes.
On observe toutefois des différences frappantes : l'utilisation d'une ligne de crédit est nettement moins fréquente en France (16,8 %) qu'en Belgique (31,8 %) et dans les autres pays voisins.
L'investissement en capital concerne également près d'un quart des entreprises aux Pays-Bas (23,4 %). En Belgique, ce type d’investissement ne concerne que 13,3 % d'entre elles. Cela ne se traduit pas pour autant par un niveau d'utilisation plus élevé du capital : aux Pays-Bas, seulement 12 % des entreprises y ont eu recours.
Demande de financement
En Belgique, une entreprise sur quatre (25,3 %) pour lesquelles un prêt bancaire est pertinent en a fait la demande au cours de l'année écoulée. Ce taux est plus élevé que celui des pays voisins. Il est notamment près de deux fois supérieur à celui de l’Allemagne (13,0 %). En Belgique, la crainte de se voir refuser un prêt bancaire est également relativement faible parmi les PME (4,0 %), alors qu'elle atteint un niveau plus élevé aux Pays-Bas (8,1 %) et en Allemagne (6,3 %).
Quant aux lignes de crédit, les PME néerlandaises en ont contracté ou renouvelé peu l'année dernière, principalement parce qu'elles disposaient déjà de fonds suffisants (61,9 %). C'est également la principale raison pour laquelle les entreprises néerlandaises n'ont pas demandé de prêts bancaires (58,5 %).
Résultat de la demande de financement
La majorité des demandes de financement débouche sur l’obtention du montant total demandé par les entreprises. En Belgique, ce pourcentage est plus élevé que dans les pays voisins, tant pour les prêts bancaires que pour les lignes de crédit.
Quant au taux de refus pour les prêts bancaires, il est plus élevé pour les demandes en Belgique (5,6 %) qu'en Allemagne (3,8 %), mais plus faible qu'en France(13,2 %) et aux Pays-Bas (8,7 %). Pour les lignes de crédit, le taux de rejet n'est aussi inférieur au nôtre qu’en Allemagne (2,9 %).
Affectation du financement
Les capitaux externes acquis sont principalement affectés :
- aux actifs fixes
- à la constitution de stocks et de fonds de roulement
C'est le cas tant en Belgique que dans les pays voisins.
Dans une moindre mesure, les PME allemandes (30,1 %) et néerlandaises (16,3 %) utilisent aussi fréquemment ces fonds pour embaucher et former leurs collaborateurs. En France et en Belgique, cette affectation est moins répandue : un peu plus d'une entreprise sur dix (10,9 %) l'utilise à cette fin en Belgique, bien que l’étroitesse du marché de l’emploi y soit considérée comme un problème majeur.
Trois PME allemandes sur dix (30,1 %) emploient des fonds externes pour le développement de nouveaux produits ou services tandis que les PME belges (11,4 %) et françaises (9,5 %) n’y ont recours que dans une moindre mesure.
Type de financement souhaité
Une majorité de PME privilégient le prêt bancaire en vue de financer leurs ambitions de croissance. Des écarts significatifs subsistent toutefois : les PME françaises opteraient pour un prêt bancaire dans 75,7 % des cas, contre seulement 58,0 % aux Pays-Bas. Les prêts bancaires sont également considérés comme l'instrument de financement privilégié en Belgique (64,0 %).
L’apport en capital ne semble pas être considéré par les petites entreprises belges comme une source de financement de prédilection (6,4 %). Cette source de financement a également peu de succès dans les pays voisins
Obstacles au financement externe
Deux entreprises belges sur cinq déclarent ne rencontrer aucun obstacle majeur à l'obtention de leur financement. Une tendance similaire est observée en Allemagne (41,4 %). En revanche, les PME françaises se distinguent par une plus grande difficulté d'accès au financement : en 2024, seulement une PME française sur trois affirme ne pas rencontrer d’obstacles. Un dernier chiffre en forte baisse par rapport à 2021, avant l'augmentation des taux d'intérêt, où elles étaient 51,3 %.
De manière générale, un nombre significatif de PME dans ces pays ne rencontrent aucun obstacle financier. Cependant, le taux d'intérêt élevé demeure l'obstacle le plus fréquemment cité, particulièrement par les PME françaises (41,1 %) et belges (42,2 %).
Il existe toutefois une corrélation entre la taille de l'entreprise et les obstacles perçus : plus l'entreprise est grande, moins elle est susceptible de rencontrer des difficultés de financement, contrairement aux petites entreprises qui y sont plus exposées.
Confiance dans l’obtention du financement souhaité
Trois quarts des PME belges (75,2 %) se déclarent convaincues de pouvoir obtenir le financement souhaité auprès de leurs banques, ce qui reflète une confiance relativement élevée. Les écarts de confiance entre la Belgique et ses voisins sont minimes : les PME belges montrent le plus haut niveau de confiance, suivies de près par les PME françaises (68,4 %). Les PME allemandes (63,6 %) et néerlandaises (61,9 %) affichent des niveaux de confiance légèrement inférieurs.
À l'inverse, la confiance envers les investisseurs en capital-risque reste relativement faible. Elle est particulièrement basse chez les PME françaises : seulement 7,8 % se disent confiantes. Ce taux est plus élevé parmi les PME allemandes (25,4 %), belges (24,0 %) et néerlandaises (23,8 %), bien qu'il s'agisse toujours d'une minorité.
L'investissement en capital, souvent réalisé par le biais de capital-risqueurs ou de « business angels », demeure une source de financement moins exploitée par les PME belges. En Belgique, seulement 1 % des PME recourent au financement par actions, bien que 12,5 % d'entre elles le considèrent pertinent. Cette faible attractivité peut s'expliquer en partie par la crainte de résultats peu satisfaisants avec des investisseurs en capital-risque ou des « business angels », en comparaison des banques.
Ces données soulignent la prédominance des banques comme source de financement perçue comme plus fiable. Les formes alternatives de financement par capital continuent quant à elles de susciter une confiance limitée parmi les PME, en particulier dans certains pays.