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    Au vu des circonstances géopolitiques actuelles et des nouvelles obligations européennes en matière de remplissage des installations de stockage de gaz naturel, notre pays renforce le suivi de la consommation et de la sécurité d’approvisionnement en gaz naturel de la Belgique.

    Le monitoring consiste à examiner l’approvisionnement en gaz naturel durant le mois civil écoulé. Ce monitoring contient des données mises à jour mensuellement sur les principaux concepts permettant de surveiller la sécurité d’approvisionnement.

    Un résumé annuel des données les plus importantes concernant le marché de l’énergie en Belgique se trouve également dans notre publication Belgian Energy Data Overview.

    Infographie 1. Aperçu des indicateurs mensuels les plus importants concernant la sécurité d’approvisionnement en gaz

    Source : SPF Economie – Direction générale de l’Energie.

    Remplissage des installations de stockage de gaz en Belgique

    Le règlement européen du 29 juin 2022 concernant le stockage de gaz naturel stipule que les installations de stockage de chaque État membre doivent être remplies à au moins 90 % de leur capacité commerciale (80 % pour 2022) au plus tard le 1er novembre de chaque année, avec des objectifs intermédiaires.

    En Belgique, la seule installation de stockage souterraine est Loenhout. Celle-ci a une capacité située entre 8,4 et 8,9 TWh (Working Volume), dont 7,6 TWh alloués aux capacités commerciales fixes (Golden SBU). C’est sur cette base que les objectifs sont calculés. Comme en 2022, au 1er novembre 2023, les installations de stockage belges étaient remplies à 100 % de leur capacité commerciale fixe.

    L’infographie 2 montre le niveau de stockage actuel et le compare à l’objectif du 1er novembre 2023. Au 1er février 2024, le volume de gaz stocké à Loenhout était de 5,3 TWh ou 70 % des capacités commerciales fixes.

    Infographie 2. Niveau des stocks de gaz belges (capacité commerciale)

    Source : Fluxys Belgium

    Aperçu mensuel de l'approvisionnement en gaz naturel de la Belgique

    Entre 2017 et 2021, en moyenne 56 % du gaz entré sur le territoire belge a transité vers les pays voisins. Pour faire face à la forte diminution des imports de gaz russe en Europe, davantage de gaz a transité vers l’est en 2022, atteignant les 73% de transit. Cette tendance s’est poursuivie en 2023, avec 70% de transit. La Belgique est une plaque tournante pour le gaz naturel, avec des connexions directes via pipeline avec les pays frontaliers (France, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne et Royaume-Uni), ainsi qu’avec la Norvège. Le terminal de Zeebrugge permet en outre l’importation et l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) par méthaniers et camions.

    L’infographie 3 présente les flux physiques nets de gaz naturel, par mois, entre la Belgique et chacun des pays voisins, ainsi que les flux de GNL. Une valeur positive signifie une importation nette vers la Belgique, tandis qu'une valeur négative signifie une exportation nette depuis la Belgique. Ce flux est exprimé en TWh. 

    Depuis octobre 2021, à la suite des diminutions d’imports de gaz russe vers l’Europe, un changement est visible dans les flux de gaz au niveau belge. Alors qu’auparavant le gaz transitait principalement du nord vers le sud, depuis la Norvège et les Pays-Bas vers la France, les flux se dirigent maintenant d’ouest en est, de la Norvège, du Royaume-Uni, de la France (terminal de GNL de Dunkerque) et du terminal GNL de Zeebrugge vers l’Allemagne et les Pays-Bas. La quantité de gaz transitant en Belgique a de plus considérablement augmenté.

    En janvier 2024, la Belgique a principalement importé du gaz naturel depuis la Norvège (14,4 TWh) et a principalement exporté du gaz naturel vers l’Allemagne (14,7 TWh), dont les importations de gaz russe via le Nord Stream 1 sont arrêtées. La forte diminution du transit depuis juin 2023 s’explique probablement par le niveau élevé des stocks de gaz européens, qui étaient à 70 % fin janvier. 

    En 2023, le GNL arrivé à Zeebrugge par méthaniers provenait pour 52 % de Russie, 28 % du Qatar et 16 % des États-Unis. Une part importante du GNL russe qui arrive à Zeebrugge est cependant destinée au transbordement, et repart immédiatement par bateau vers d’autres destinations. En 2023, 27 % du GNL arrivé à Zeebrugge a été réexporté par bateau ou par camion.

    Infographie 3. Flux physiques nets de gaz naturel, par pays limitrophe, et de GNL (TWh)

    Source : SPF Economie – Direction générale de l’Energie.

    Consommation de gaz naturel en Belgique

    L’infographie 4 présente la consommation mensuelle de gaz naturel des clients résidentiels, industriels et des centrales pour produire de l’électricité en Belgique. Elle comprend aussi la consommation de gaz naturel en dehors du réseau de Fluxys et est exprimée en TWh.

    Le 5 août 2022, un règlement européen relatif à la réduction volontaire de la demande de gaz naturel de 15 % entre août 2022 et mars 2023 a été adopté. La Belgique devait atteindre l’objectif de consommation maximale d’environ 124 TWh sur cette période. Entre août 2022 et mars 2023, la Belgique a consommé environ 123 TWh de gaz naturel et a donc atteint son premier objectif volontaire de réduction de la demande.

    L’objectif de réduction a été prolongé le 30 mars 2023. La réduction de 15 % de la consommation de gaz naturel est prévue entre le 1er avril 2023 et le 31 mars 2024, par rapport à la consommation moyenne durant la période de référence qui va du 1er avril 2017 au 31 mars 2022. Le règlement prévoit cependant la possibilité pour le Conseil de déclarer une « alerte de l'Union » sur la sécurité de l'approvisionnement, auquel cas la réduction de la demande de gaz deviendrait obligatoire.

    Les exemptions accordées à la Belgique ramènent cependant la réduction de la consommation de gaz naturel à environ 13,7 %. L’objectif de réduction de la demande pour la Belgique est présenté dans les infographies 4 et 5. Les points rouges sur l’infographie 4 indiquent l’objectif mensuel en terme de consommation si la réduction de 13,7 % est répartie uniformément sur la période entre le 1er avril 2023 et le 31 mars 2024.

    En janvier 2024, les centrales électriques belges ont consommé 3,1 TWh, soit 14 % de la consommation totale de gaz naturel pour la Belgique. Cette consommation est plus basse que la moyenne pour le même mois durant la période de référence.

    Infographie 4. Consommation mensuelle de gaz naturel en Belgique (TWh)

    Source : SPF Economie – Direction générale de l’Energie.

    Pour atteindre la réduction volontaire de 13,7 % de la demande de gaz naturel par rapport à la période de référence, la Belgique devra atteindre l’objectif de consommation maximale d’environ 166 TWh entre le 1er avril 2023 et le 31 mars 2024. L’infographie 5 présente la progression réalisée et attendue vers cet objectif.

    Infographie 5. Progression vers l’objectif de consommation maximale de 166 TWh entre le 1er avril 2023 et le 31 mars 2024 (TWh)

    Source : SPF Economie – Direction générale Energie.

    Aperçu mensuel de l’évolution des prix de gros du gaz naturel

    L'évolution des prix mensuels du gaz est suivie en Belgique par différentes plateformes de données. Vous pouvez par exemple retrouver les données via les liens suivants :

    Dernière mise à jour
    23 février 2024