Risque de pénurie

Contexte

En 2014, deux réacteurs nucléaires (Doel 3 et Tihange 2) ont été temporairement mis à l’arrêt pour des raisons de sécurité (présence de microfissures dans les cuves). Ils n’ont toujours pas été relancés à ce jour.

Parallèlement, la production d’électricité  d’autres centrales conventionnelles (principalement à gaz) a été stoppée, en raison du vieillissement de ces unités de production et  de leur rentabilité jugée insuffisante.

La capacité de production d’électricité en Belgique a donc été fortement réduite.

Du fait de ces éléments liés au passé, combinés à la fermeture annoncée d’autres centrales en 2015, on peut penser à première vue que la situation de la Belgique en matière d’approvisionnement en électricité est délicate pour les hivers à venir.

Toutefois, le risque de pénurie annoncé à grand bruit l’an passé est considérablement réduit cette année car le gouvernement a mis en place une série de mesures et d’outils complémentaires au marché pour garantir la sécurité d’approvisionnement, notamment par la constitution d’une réserve stratégique.

Actions à 4 niveaux

Production

Constitution d'une réserve stratégique

Suite aux arrêts des réacteurs Doel 3 et Tihange 2 en 2014, la constitution d'une réserve stratégique, activée en cas d’insuffisance d’électricité, a été décidée pour les prochaines périodes hivernales.

Cette réserve stratégique est constituée de la quantité d’électricité potentiellement :

  • produite par des unités de production récemment mises à l’arrêt mais pouvant être réactivées à tout moment. Il s’agit là d’une mesure dite de « gestion de l’offre » ;

  • économisée par des clients acceptant de réduire, en tout ou en partie, leur consommation électrique pendant un certain temps, en cas de nécessité. Il s’agit là d’une mesure dite de « gestion de la demande ».

Sur recommandation de la Direction générale de l’Energie du SPF Economie, une réserve stratégique d’environ 850 MW avait ainsi été mise en place pour la période hivernale 2014-2015.

Pour l’hiver 2015-2016, la Direction générale de l’Energie travaille actuellement avec Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité et la CREG, le régulateur fédéral du marché de l’électricité, à accroître cette réserve stratégique.

Suite à l’appel lancé au printemps 2015, Elia a reçu des offres admissibles  pour un volume total maximal de l’ordre de 800 MW. Les offres individuelles sont en cours d’analyse. 

Plus d'infos sur la réserve stratégique d'électricité.

Prolongation des centrales nucléaires Doel 1 et 2

Suite à la loi de 2003 visant à une sortie progressive du nucléaire, les centrales de Doel 1 et Doel 2 devaient en théorie stopper leur activité respectivement en février et décembre 2015.

Une prolongation de 10 ans de la durée de vie de ces deux centrales nucléaires a été votée au Parlement fédéral le 16 juin 2015.

Doel 1 étant cependant déjà à l’arrêt depuis février 2015, une vérification par l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) est indispensable avant de pouvoir la redémarrer, ceci pour des raisons de sécurité. Du nouveau combustible nucléaire est également nécessaire pour cette centrale.

Importations

Depuis fin 2014, de multiples actions ont été entreprises pour améliorer l’interconnexion du réseau électrique belge avec celui des Pays-Bas.

Avant cet hiver, un transformateur supplémentaire sera installé à la frontière nord du pays. Grâce à lui, la performance du réseau électrique actuel sera améliorée et il sera plus aisé de gérer l’équilibre entre les flux d’énergie importés et les besoins.

Elia travaille à l’élaboration d’autres actions techniques permettant d’encore augmenter nos possibilités d’importations d’électricité en provenance des Pays-Bas.

Et le travail se poursuit également au niveau d’autres interconnexions et extensions du réseau pour, entre autres, relier le réseau belge à l’Angleterre via une nouvelle ligne souterraine d’ici 2019.

Le tarif de déséquilibre

Cette mesure ne concerne pas les particuliers et les entreprises mais bien les acteurs du marché de gros de l’électricité qui achètent et vendent de l’électricité pour le compte des fournisseurs.

Cette mesure assez complexe doit inciter les fournisseurs d’énergie à stimuler leurs clients à réduire leur consommation d’électricité en cas de pénurie.

Elle fixe un tarif pénalisant les fournisseurs qui ne joueraient pas le jeu de l’économie d’énergie. C’est ainsi qu’un tarif de déséquilibre de 4.500 euros/MWh est appliqué lorsque les deux conditions suivantes sont remplies : les réserves stratégiques sont activées et l’existence d’une pénurie structurelle en temps réel est confirmée.

L’objectif de cette mesure est de réduire le risque de délestage.

Plus d’informations sur le tarif de déséquilibreLien externe sur le site de Elia.

Mesures de réduction de la demande

En mai 2013, la Direction générale de l’Energie du SPF Economie a lancé une étude sur la détermination des mesures de réduction de la demande en électricité susceptibles d’être utilisées en cas de menace de pénurie ou de pénurie effective.

Sur la base d’une étude du consultant Deloitte et des travaux réalisés depuis 2012, différentes mesures de réduction de la demande ont été étudiées par la Direction générale de l’Energie.

Ces mesures peuvent être scindées en deux catégories distinctes :

  • des mesures de sensibilisation basées sur des actes volontaires des acteurs des différents secteurs et

  • des mesures contraignantes pour lesquelles l’application serait imposée par un texte légal.

Les mesures de sensibilisation font l’objet de la campagne OFF ON lancée en 2014.

Ces différentes mesures de réduction de la consommation peuvent être regroupées en quatre grandes catégories :

  1. Citoyens et secteur résidentiel :
    • mesures de sensibilisation et mesures d’interdiction visant à réduire la consommation des citoyens dans leur vie quotidienne (chauffage, appareil en veille, appareils électroménagers, éclairage, etc.)
  2. Bâtiments :
    • mesures de sensibilisation et mesures d’interdiction visant à réduire la consommation des bâtiments sur différents aspects (éclairage, chauffage, ventilation, IT, etc.)
      Tous les bâtiments avec un caractère privé ou public sont visés par ces mesures :
      • bâtiments administratifs ;
      • magasins et commerces ;
      • etc.

    La Direction générale de l’Energie a également établi un document reprenant une procédure pour les bâtiments non résidentiels permettant de réduire leur consommation.

  3. Eclairage :
    • mesures de sensibilisation et mesures d’interdiction visant à réduire au maximum l’éclairage et à supprimer tout éclairage superflu via notamment une réduction/suppression de :
      • l’éclairage résidentiel extérieur, l’éclairage décoratif, etc. ;
      • l’éclairage de certaines routes et des autoroutes ;
      • l’éclairage extérieur des bâtiments, lieux et monuments  publics (fontaines, monuments, musées, etc.) ;
      • les enseignes publicitaires, l'éclairage de Noël, etc.
  4. Transport ferroviaire :
    • mesures de réduction de la consommation dans les gares, les trains (chauffage, etc.) et autres infrastructures.

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