Risque de pénurie

Contexte

Elia, le gestionnaire du réseau belge à moyenne et haute tension, craint pour l’hiver 2016-2017 un risque de tensions sur le marché de l’électricité, principalement en raison de la situation exceptionnelle en France.

L’indisponibilité inattendue de 9 centrales nucléaires a inévitablement un impact sur les pays qui dépendent des importations en provenance de la France.

Un recours à la réserve stratégique n’est dès lors pas exclu pour la période hivernale 2016-2017. Il n’est cependant pas encore question de pénurie. Afin de maintenir le niveau d’approvisionnement, Elia peut, outre l’utilisation des réserves stratégiques, compter sur les importations en provenance des pays voisins par le biais d’interconnexions renforcées.

Dans les conditions connues (consommation élevée en raison des basses températures et faible production d’énergie éolienne/solaire) et tenant compte des 750 MW de réserves stratégiques (constituées depuis l’hiver 2014-2015), des possibilités d’importation et des mesures alternatives, l’activation du plan de délestage en cas de menace de pénurie n’est pas à l’ordre du jour pour l’hiver 2016-2017.

Ci-dessous figure une série de mesures et d’outils supplémentaires sur le marché de l’électricité qui ont été mis en place par les pouvoirs publics et Elia ces dernières années afin de limiter le risque de pénurie.

Actions à 4 niveaux

Production

Constitution d'une réserve stratégique

A la suite des arrêts des réacteurs Doel 3 et Tihange 2 en 2014, la constitution d'une réserve stratégique, activée en cas d’insuffisance d’électricité, a été décidée pour les prochaines périodes hivernales.

Cette réserve stratégique consiste en une quantité d’électricité potentielle :

  • produite par des unités de production récemment mises à l’arrêt mais pouvant être réactivées à tout moment. Il s’agit là d’une mesure dite de « gestion de l’offre » ;

  • économisée par des clients acceptant de réduire, en tout ou en partie, leur consommation électrique pendant un certain temps, en cas de nécessité. Il s’agit là d’une mesure dite de « gestion de la demande ».

En novembre 2015, dans le cadre de sa mission légale d’évaluation des réserves stratégiques, Elia a analysé la situation de la Belgique en matière de sécurité d’approvisionnement pour l’hiver 2016-2017. Sur la base de cette analyse et d’un avis de la DG Energie du SPF Economie, la ministre Marghem avait la possibilité, jusqu’au 15 janvier 2016, de charger Elia de constituer si nécessaire une réserve stratégique supplémentaire afin de garantir la sécurité d’approvisionnement (une réserve stratégique de 750 MW existait déjà pour l’hiver 2016-2017 et a été constituée pour 3 ans en 2014).

Après la publication par Elia de son analyse sur l’évaluation de la réserve, le gouvernement belge a décidé d’autoriser la réactivation de Doel 3 et Tihange 2. La durée de vie de Doel 1 en Doel 2 a par ailleurs été prolongée. Dans ces conditions, l’analyse d’Elia précisait qu’aucune réserve stratégique n’était nécessaire vu l’entière disponibilité du parc de production nucléaire.

Sur la base de ces éléments, la ministre Marghem a décidé de ne pas constituer de réserve stratégique supplémentaire pour l’hiver 2016-2017. 

Plus d'infos sur la réserve stratégique d'électricité.

Prolongation des centrales nucléaires Doel 1 et 2

En vertu de la loi de 2003 visant à une sortie progressive du nucléaire, les centrales de Doel 1 et Doel 2 devaient en théorie être mises à l’arrêt respectivement en février et décembre 2015. Une prolongation de 10 ans de la durée de vie de ces deux centrales nucléaires a été votée au Parlement fédéral le 16 juin 2015.

Il convient également d’évoquer le redémarrage de Tihange 2 fin 2015 et de Doel 3 début 2016.

Importations

Depuis fin 2014, de multiples actions ont été entreprises pour améliorer l’interconnexion des réseaux électriques belges et néerlandais.

Avant l'hiver 2015-2016, un transformateur supplémentaire a été installé à la frontière nord du pays. Grâce à lui, la performance du réseau électrique actuel sera améliorée et il sera plus aisé de gérer l’équilibre entre les flux d’énergie importés et les besoins.

Elia continue de travailler à l’élaboration d’autres actions techniques permettant d'augmenter nos possibilités d’importations d’électricité en provenance des Pays-Bas.

Le travail se poursuit également au niveau d’autres interconnexions et extensions du réseau pour, entre autres, relier le réseau belge à l’Angleterre et à l'Allemagne via de nouvelle lignes souterraines d’ici 2019.

Le tarif de déséquilibre

Cette mesure ne concerne pas les particuliers et les entreprises mais bien les acteurs du marché de gros de l’électricité qui achètent et vendent de l’électricité pour le compte des fournisseurs.

Cette mesure assez complexe doit inciter les fournisseurs d’énergie à stimuler leurs clients à réduire leur consommation d’électricité en cas de pénurie.

Elle fixe un tarif pénalisant les fournisseurs qui ne joueraient pas le jeu de l’économie d’énergie. C’est ainsi qu’un tarif de déséquilibre de 4.500 euros/MWh est appliqué lorsque les deux conditions suivantes sont remplies : les réserves stratégiques sont activées et l’existence d’une pénurie structurelle en temps réel est confirmée.

L’objectif de cette mesure est de réduire le risque de délestage.

Plus d’informations sur le tarif de déséquilibreLien externe sur le site de Elia.

Mesures de réduction de la demande

En mai 2013, la Direction générale de l’Energie du SPF Economie a entamé une étude sur la détermination des mesures de réduction de la demande en électricité susceptibles d’être utilisées en cas de menace de pénurie ou de pénurie effective.

Sur la base d’une étude du consultant Deloitte et des travaux réalisés depuis 2012, différentes mesures de réduction de la demande ont été étudiées par la Direction générale de l’Energie.

Ces mesures peuvent être scindées en deux catégories :

  • des mesures de sensibilisation basées sur des actes volontaires des acteurs des différents secteurs ;

  • des mesures contraignantes imposées par un texte légal.

Les mesures de sensibilisation font l’objet de la campagne OFF ON lancée en 2014.

Ces différentes mesures de réduction de la consommation peuvent être regroupées en quatre grandes catégories :

  1. Citoyens et secteur résidentiel :
    • mesures de sensibilisation et mesures d’interdiction visant à réduire la consommation des citoyens dans leur vie quotidienne (chauffage, appareil en veille, appareils électroménagers, éclairage, etc.)
  2. Bâtiments :
    • mesures de sensibilisation et mesures d’interdiction visant à réduire la consommation des bâtiments sur différents aspects (éclairage, chauffage, ventilation, IT, etc.)
      Tous les bâtiments à caractère privé ou public sont visés par ces mesures :
      • bâtiments administratifs ;
      • magasins et commerces ;
      • etc.

    La Direction générale de l’Energie a rédigé un document comprenant une procédure permettant de réduire la consummation des bâtiments non résidentiels.

  3. Eclairage :
    • mesures de sensibilisation et mesures d’interdiction visant à réduire au maximum l’éclairage et à supprimer tout éclairage superflu via notamment une réduction/suppression de :
      • l’éclairage résidentiel extérieur, l’éclairage décoratif, etc. ;
      • l’éclairage de certaines routes et des autoroutes ;
      • l’éclairage extérieur des bâtiments, lieux et monuments publics (fontaines, monuments, musées, etc.) ;
      • les enseignes publicitaires, l'éclairage de Noël, etc.
  4. Transport ferroviaire :
    • mesures de réduction de la consommation dans les gares, les trains (chauffage, etc.) et autres infrastructures.

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