Légère baisse de l'inflation en Belgique au troisième trimestre

L’Observatoire des prix présente son rapport du troisième trimestre 2017. Il apparait que l’inflation totale en Belgique s’est encore repliée, en raison d’une forte diminution du rythme de progression des prix pour les produits énergétiques. L’inflation totale des principaux pays voisins (Allemagne, France et Pays-Bas) a quant à elle connu une légère accélération mais reste inférieure à celle de la Belgique.

Nouveau ralentissement de la hausse des prix des produits énergétiques

L’inflation des produits énergétiques était toujours positive au troisième trimestre 2017, mais de manière moins prononcée qu’au trimestre précédent (+5,8 % en moyenne contre +9,3 % au second trimestre 2017).

  • Pour les carburants et le mazout de chauffage, l’inflation a été de respectivement 7,1 % et 9,7 % en moyenne (contre respectivement 9,7 % et 14,7 % au trimestre précédent), en raison d’une plus faible progression du cours moyen du pétrole sur un an (+7,0 %, en euro, contre +12,5 % au deuxième trimestre 2017).
  • Le prix à la consommation de l’électricité a augmenté de 3,9 % en moyenne au troisième trimestre 2017 (contre 6,8 % au trimestre précédent). Ce ralentissement de l’inflation est dû essentiellement à la disparition de l’impact haussier sur l’inflation lié à la suppression des kWh gratuits en Flandre depuis mai 2016, et à la baisse du rythme de progression du prix de la composante énergétique pure. Par ailleurs, l’inflation de l’électricité reste élevée et résulte principalement de la hausse des tarifs de distribution (+9,4 % en moyenne) et du coût de la composante énergétique pure (+6,6 %).
  • Le prix à la consommation du gaz naturel a quant à lui augmenté de 1,5 % sur un an (contre +7,3 % au trimestre précédent), principalement en raison de l’augmentation du coût de la composante énergétique en glissement annuel (+2,5 %, contre +17,6 % au trimestre précédent).

Dans les pays voisins, la hausse des prix à un an d’écart pour l’énergie (+2,7 %) est en moyenne plus modérée qu’en Belgique. L’écart d’inflation pour ce groupe de produits est donc en défaveur de la Belgique, principalement à cause des combustibles liquides, des carburants et de l’électricité.

Augmentation de l’inflation des prix des produits alimentaires transformés

Au troisième trimestre 2017, les prix des matières premières alimentaires ont augmenté de 12,2 % en moyenne sur un an. Les produits alimentaires transformés (y compris le tabac) ont pour leur part coûté 2,5 % de plus dans les magasins, soit un niveau d’inflation plus élevé qu’au trimestre précédent (+1,9 %).

Cette accélération du rythme de progression des prix pour ce groupe de produits est due à la forte hausse de l’inflation des produits laitiers (en raison de l'augmentation de l'inflation pour le fromage, le lait et les œufs), et dans une moindre mesure des boissons alcoolisées (principalement en raison du vin) ainsi que  des huiles et graisses (principalement en raison de la forte accélération de l'inflation pour le beurre). L’inflation du beurre en Belgique a fortement augmenté, de 0,5 % au troisième trimestre 2016 jusqu’à 21,0 % au cours du trimestre sous revue, en raison de l’évolution du prix sur le marché mondial qui a doublé entre avril 2016 et septembre 2017.

Le tabac a de nouveau contribué pour la moitié à l'inflation des produits alimentaires transformés en Belgique, en partie à cause de l'augmentation des accises au 1er janvier 2017.

Dans les principaux pays voisins, l’inflation pour les produits alimentaires transformés s’est également accélérée (2,5 % en moyenne contre 1,8 % au trimestre passé). Hors tabac et boissons alcoolisées, les prix des produits alimentaires transformés auraient augmenté de 2,7 % en moyenne dans les pays voisins,contre seulement +1,7 % en Belgique.

Focus sur le fonctionnement du marché du secteur de la fabrication de bière en Belgique

L’Observatoire des prix a dressé un état des lieux du secteur de la fabrication de bière en Belgique en raison, entre autres, de la hausse des prix à la consommation de la bière, plus forte en Belgique que dans les pays voisins. En effet, entre janvier 2010 et août 2017, le consommateur belge a payé 23,5 % de plus pour la bière, contre respectivement 15,0 %, 13,1 % et 7,9 % en France, aux Pays-Bas et en Allemagne. Cela s'explique notament par l'augmentation des accises sur la bière et par la hausse des prix à la production dans notre pays. L’analyse a révélé qu’en Belgique, les prix à la production de la bière ont davantage augmenté que les prix à la production des pays européens et des principaux pays voisins (à l’exception des Pays-Bas), surtout pendant la période 2013-2017 (avec une inflation annuelle moyenne de 2,8 % en Belgique, contre 1,7 % dans la zone euro).

Avec une marge brute d’exploitation de 22,1 % en moyenne entre 2010 et 2015, la rentabilité du secteur est élevée en comparaison avec les pays voisins et d’autres secteurs de l’alimentation et des boissons en Belgique. Malgré l’arrivée récente de nombreuses brasseries, le secteur de la fabrication de bière dans notre pays est concentré autour de quelques acteurs majeurs, dont un dominant. Les performances de l’acteur dominant influencent grandement celles du secteur, tant en termes de rentabilité que d’exportations. La hausse soutenue du chiffre d’affaires du secteur (+26,8 % entre 2010 et 2015) est due à une forte dynamique à l’exportation (+62 % entre 2010 et 2015), les destinations hors UE-28 y prennant de plus en plus d’importance. Avec une marge brute d’exploitation de 22,1 % en moyenne entre 2010 et 2015, la rentabilité du secteur est élevée en comparaison avec les pays voisins et d’autres secteurs de l’alimentation et des boissons.

Troisième rapport trimestriel 2017 de l'Observatoire des prix

Type de communiqué de presse:Communiqués de presse , Conjoncture , Statistiques - Economie
date: 07 novembre 2017